A propos de poils…

L’autre jour, je suis tombé sur un article sur le blog de misscata, qui m’a fait marrer car il (re)posait le débat qui sera sans doute le plus important du XIXè siècle…
…vous l’aurez deviné, il s’agit de l’épineuse question : épilation totale ou pas ?

Et comme dans les 3 bouquins que je lis en parallèle (oui, je m’éparpille, je sais), il y en a justement un qui aborde ce sujet, je ne résiste pas à quelques lignes de citation :

Tout est reproché à la vulve et au vagin, de leur anatomie comme de la physiologie : navrante litanie !
Le sexe de la femme est velu : dans la phallocratique « légende des sexes », la femme n’a « pas le droit » de posséder du poil ; c’est gênant, disgrâcieux, sale. Pourtant l’homme ne se sent nullement incommodé par sa propre pilosité ; bien au contraire il en tire gloire, se trouvant d’autant plus séduisant et viril que plus velu : le poil, bien avant Samson, était déjà le symbole de la force masculine.
Depuis des millénaires, les femmes de nombreuses contrées s’épilent avec assiduité le Mont et les grandes lèvres. Pour complaire au mâle, elles émondent une toison outrecuidante qui lui fait offense, qui empiète sur sa prérogative pileuse.
Antiques Méditerranéennes d’Orient, Turques et Arabes prisonnières du harem et du hammam, gentilles petites créatures chinoises, supprimant ce signe de puberté féminine, ne faisaient – ne font – que brimer leur état de femme adulte. Ce sexe glabre, cette tirelire de poupée, c’est la fente d’une petite fille. Soumise, obéissante et docile : « je suis à votre service, Seigneur ! »
Même gardant leur pilosité de grande fille, les Occidentales n’en continuent pas moins à pourchasser le « poil superflu » des jambes, de la face, des sourcils ; encore plus systématique et révélateur le rasage des aisselles : ce creux des bras, odoriférant, humide et velu, rappelle par trop le creux des cuisses, y conserver du poil constitue une trop coupable négligence.

Gérard Zwang
Le Sexe de la femme

Je ne souscris pas totalement à ce texte, car malheureusement j’ai moi-même sans doute déjà succombé à cette pression anti-poil… et puis je trouve que le raccourci épilation = petite fille est un peu facile.
Mais l’argument politique vaut tout de même qu’on s’y arrête, il me semble. D’autant que cette mode de l’épilation totale a tout de même été portée par le porno… milieu qui pour sa grande part ne brille pas par son féminisme.

Ce passage, pour information, est issu d’un livre magnifique, un ode à la féminité, qui commence à dater (la première édition date de 1967), mais qui rappelle que les hommes aussi peuvent être féministes…
Le Sexe de la femme, de Gérard Zwang, a été réédité par Jean-Jacques Pauvert à La Musardine, dans la collection lectures amoureuses.

Mais dites-moi un peu… et vous, vous en pensez quoi ?
Épilation partielle ? totale ?

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Comments

  • Etheilen  On 18 fév ’09 at 17:38

    Les poils… (soupir !)
    Comme tu le dis Gael, je trouve que le rapprochement épilation totale et soumission enfantine est un peu trop rapide, voir complètement injustifié.
    Serait-ce mes poils qui font de moi une femme adulte ?
    Ou ne serait-ce pas plutôt ces même poils qui coupent à ma féminité, à la féminité en général ?
    Je n’aime pas les poils ! pas plus sur une femme que sur un homme !
    Mais je cohabite parfois très bien avec les miens… et j’avoue laisser parfois mon corps « en jachère » (excepté les aisselles, mais la c’est surtout pour une question d’hygiène odorante…).
    Comme tu le souligne, ce culte du « zéro poil » à surtout été véhiculé par le X qui ne glorifie pas vraiment la femme dans sa condition (hein ma salope ?)
    Mais il en est ainsi : pour être féminine, il faut faire la guerre au poils ! traquer chaque poil un à un, peu importe où il soit placé (faut avouer qu’ils ne sont pas tous faciles à attraper !).
    Bref tout ça pour dire : je n’aime pas les poils sur une femme !!!! surtout si… (non ne nous égarons pas) mais l’épilation totale n’est pas de mise, il faut juste laisser ce qu’il faut où il faut…

    Sur ce… *vas s’acheter un rasoir et un épilateur*

  • amélie (misscata)  On 19 fév ’09 at 12:14

    Sympathique !! merci pour le lien …. ce sujet reste et restera incontournable. En tout cas, je sais quels vont etre mes prochains livres de chevet ! ça me fera oublier ma sensibilité cutanée poste epilation ..

  • maryol  On 19 fév ’09 at 12:41

    déjà merci pour ton message sur mon livre d’or!

    sur les poils…et bien moi je ne suis pas du tout d’accord avec ce « zéro poil » ambiant, les poils font partis de nous! on nait avec! si on veut les enlever, c’est un choix personnel, mais qu’on ne nous mettent pas dans la tête que c’est moche et insalubre de les garder!
    on parle de féminité, de féminisme et bien justement ce n’est ni aux hommes ni a la « mentalité » publique de choisir à ma place si oui ou non mes poils ont droit de vivre sur mon corps!

  • Gaël  On 19 fév ’09 at 13:00

    Eh bien eh bien… quand je disais que c’était le débat du siècle, la preuve c’est que rien qu’ici les positions sont très marquées 😉

    Merci pour ces contributions au débat.

    @Etheilen : ça me semble une position modérée… des poils ok mais pas partout, moi aussi je suis assez de cet avis, en fait. Et même, j’ajouterais : et des variations, comme les coupes de cheveux :)
    C’est sympa aussi d’avoir un jour du tout lisse et le mois d’après des poils à certains endroits (après, comme je suis moins pudique que toi, j’avoue que pour des raisons sexuelles, liée entre autres au cunnilingus, je préfère tout de même qu’il n’y ait pas une forêt vierge qui se retrouverait potentiellement entre mes dents…).

    @amélie : cool, tu me diras ce que tu en penses !

    @maryol : tout à fait d’accord également. La position féministe, à mon sens, consiste simplement à laisser la liberté aux femmes sur ce point comme sur les autres. Mais bon, soyons francs, la pression sociale, là comme ailleurs, est assez intense.
    Même avec un tel discours « pro-poils », je suppose qu’il t’arrive quand même de t’épiler les jambes ou les aisselles ? poils tout aussi naturels que ceux du pubis…
    Bref, j’ai un peu le sentiment qu’on est tous dans des contradictions assez marrantes entre le radicalisme politique qui consisterait à laisser faire la nature en tout point, et des préférences esthétiques, sexuelles, sociales, parfois déguisées sous un argument hygiénique…

    Le débat continue, voyons voir les prochaines positions

  • dream.  On 19 fév ’09 at 18:21

    alors je vais rejoindre la position d’Etheïlen, cette « modérée »… Et puis aimant me regarder à mort dans les miroirs, je me trouve tout de même bien plus jolie sans… surtout au niveau du pubis, dans le sens où si je laisse pousser, c’est assez anarchique, et ça fait moche(que je laisse entièrement la nature faire ou que je décide de faire une coupe originale)…
    J’avoue aussi que voir une jachère sur une inconnue me la fait paraitre hideuse, et ridicule….. je n’y peut rien, c’est instantané! si cette personne me devient intime, ça ne me dérange plus…(là je parle de tout type de poil: maillot, aisselle, jambes… )..
    Je rejoins Gaël sur les poils entre les dents, et j’ajouterais aussi une question de douceur à la caresse…
    Enfin pour l’hygiène et le blabla… je ne trouve pas le poil anti-hygiène, et quand bien même il conserve une odeur, celle ci peut s’avérer pour moi très aphrodisiaque (bien sur pas après 1 mois sans douche hein!!)…

  • Waterman  On 22 fév ’09 at 14:21

    Salut Gael,

    J’admire ton travail de photo…

    Pourrais-tu m’ajouter à ta liste de contacts Roomantic, afin de dialoguer plus simplement ?

    Tes photos sont très belles et ta quête surprenante, mais instructive !

  • jG  On 24 fév ’09 at 8:58

    Le poil ça croque sous la dent … pour les poils comme pour l’herbe, recommandons Attila !

  • Claire  On 26 fév ’09 at 10:12

    Pour moi une femme sans poils au niveau du pubis perd tout son charme, son secret, sa beauté. Elle ne ressemble plus à une femme. C’est très radical comme façon de voir mais j’y tiens beaucoup, c’est la mienne. lol

    Plus sérieusement j’avais fait plusieurs billets sur ce sujet (il y a un certain temps déjà, c’était sur un blog que j’ai arrêté, enfin plus exactement qui a déménagé depuis) et je me permets de mettre quelques liens ci-dessous, si cela intéresse quelqu’un :
    http://dessens.over-blog.com/article-22410042.html

    et ici :
    (lien vers un article sur le site écologie libidinale, enlevé, cf plus bas).

    Bien sûr que tout le monde est libre de faire comme bon lui semble, à partir du moment où l’on se sent réellement libre de toute contrainte (publicitaire, marketing, etc…), ce qui n’est malheureusement pas le cas aujourd’hui.

  • jG  On 27 fév ’09 at 18:57

    @ claire … ce qui est amusant dans ce que tu écris c’est qu’on pourrait reprendre ton dernier parapraphe, changer le verbe « faire » par « penser » et ça marche aussi bien :)

  • Gaël  On 27 fév ’09 at 23:34

    Oh que oui !

    Merci les gars les filles, ça me fait bien plaisir de voir que je ne suis pas le seul à partir sur des délires politiques à partir de n’importe quel sujet aussi anodin soit-il à première vue :)

    PS@Claire: je ne te suis évidemment pas dans ton côté radical, tu l’auras compris, mais je partage en revanche tes interrogations…
    « L’embrigadement du corps est la condition de la soumission des esprits ».
    Jean-Marie Brohm.

    Cette phrase que tu cites dans ton article sur l’épilation pourrait aussi bien provenir d’une introduction de Michel Foucault (Surveiller et punir, par exemple, qui développe et analyse cette idée et sa mise en place concrète dans la société…).
    Cela dit c’est un peu comme la politique, hein, je vois des échos des paroles de Foucault partout, moi.
    Dans Facebook, par exemple, avec ce contrôle volontaire de la vie de tous par tous 😉

  • jG  On 28 fév ’09 at 14:15

    un petit retour sur le lien fourni par Claire. certains textes et arguments développés par ecologielibidinale sont à la limite de la légalité dans le domaine de la sexualité des enfants … je vous invite à relire leur définition de la pédophilie qui, bien sûr, impute aux méchants sadiques le rôle de bourreau mais, et c’est bien le problème, laisse sous-entendre qu’une relation sexuelle avec un(e) adolescent(e) est une bonne chose si elle se fait sans contrainte et violence.

    *
    morceaux choisis …

    Il convient d’abord de rappeler qu’un pédophile est attiré par des enfants non pubères, tandis que la loi française punit les relations de nature sexuelle entre adultes et jeunes de moins de 15 ans (moins de 18 ans si l’adulte est dans une position d’autorité vis-à-vis du jeune). Donc des relations entre adultes et adolescents qui ne relèvent pas de la pédophilie.

    L’engouement médiatique pour la « pédophilie » a pour conséquence de rendre suspect tout discours sur la sexualité adressé aux enfants.

    Ce délire anti-pédophile interdit aux adultes d’avoir un rapport sensuel au corps des enfants, de simplement les toucher. Donc en définitive cela limite les possibilités d’éveiller les enfants à la sensualité.
    *

    L’horrible pornographe que je suis constate deux options … soit l’auteur de ces textes a besoin de redéfinir ce que baiser une gamine de 14 ans implique, soit il a quelques difficultés à rédiger un texte qui ne soit pas mal interprété :)

  • Gaël  On 28 fév ’09 at 17:10

    Ouhla. +1
    Très limite… je sais bien que durant les années 60 de nombreux auteurs ont chanté les louanges de l’éducation sexuelles « live » toute faite d’amour et de respect, fait par des adultes auprès des enfants…
    Personnellement je ne souscris pas non plus à ce type de discours.
    Et ce dernier extrait est un mensonge : la loi française n’interdit pas l' »éducation sensuelle » des enfants d’une façon générale, il faut arrêter de tout confondre!
    On peut leur faire découvrir de nombreux sens, le goûter, le toucher, l’ouïe ou la vue…
    Ce qu’on ne peut pas faire, c’est avoir des relations sexuelles de quelque ordre qu’elles soient avec des enfants ou des personnes en situation de dépendance, d’une façon ou d’une autre.

    Si ce dernier aspect te dérange, Claire, alors c’est moi qui vais devenir un peu plus radical dans ma désolidarisation.

  • Claire  On 1 mar ’09 at 8:43

    @ jG et Gaël, Houlà ! alors pour commencer je ne suis pas une militante d’écologie libidinale, je n’ai pas lu tout ce qu’il y a sur ce site, et je ne suis pas toujours d’accord avec tout ce qui s’y trouve. Mais j’aime bien l’idée que des personnes cherchent à faire réfléchir leurs contemporains sur des détails qui sont soi-disant anodins et qui pour moi ne le sont pas.
    Sinon, pour ce qui est de la pédophilie, je ne connais pas les textes de loi exact donc je ne me lancerai pas sur ce sujet, pas les compétences pour. Par contre, en tant que femme, en tant que mère de famille, et en tant qu’ancienne victime d’attouchements de la part de son propre père, je trouve pourtant qu’il y a effectivement de nombreux débordements, dans le sens chasse aux sorcières aujourd’hui. Il n’y a qu’à voir les procès d’enfants (immature cherchant à se venger pour x raisons de ceux qui les élèvent) contre leurs parents alors que ces derniers sont innocents (combien de familles détruite pour fausses accusations).
    Il y a là un équilibre à trouver. Nous sommes à l’ère des procès pour tout et n’importe quoi, et à la course au fric permanente ne l’oublions pas.
    De par le passé, au travers de la littérature, combien de textes, d’histoires d’adolescents – ou, et pré-ados dirions-nous aujourd’hui – racontent la découverte de leur sexualité en compagnie d’une tante (adulte), d’une cousine éloignée (adulte) au cours d’un voyage d’été, l’initiation aux jeux de l’amour avec des étoiles dans les yeux. C’est dans ce sens là que je regarde, que j’observe ce qui ce fait de nos jours. Et là, pour moi, nous devenons tous fous. Il nous faut des règles, des lois, mais il ne faut pas non plus oublier que tout n’est pas pervers et destructeur.
    Les viols sont le plus souvent fait dans les familles, loi ou pas loi, les attouchement itou, et ce depuis la nuit des temps. D’ailleurs en en parlant, sous un certain angle, ça me fait penser au problème de la prostitution…
    Enfin voilà, juste quelques réflexions qui me viennent au sujet de la pédophilie. Nous allons d’un extrême à l’autre, nous avons besoin de recentrer les choses. Tout du moins c’est ce qu’il me semble ! lol

  • jG  On 1 mar ’09 at 20:56

    @ Claire : tout rapport sexuel avec un(e) mineur(e) est sanctionnable aux yeux de la loi. On ne transige pas avec la sexualité des enfants : la littérature c’est bien, le principe de réalité et la modernité c’est mieux. Coucher avec son cousin ou jouer à touche-pipi avec sa tante relève de l’inceste. En effet, nous sommes dans un monde étrange mais il faut savoir conserver des repères … et si on ne sait pas le faire, on ne fait pas des grands discours comme peut le faire le site dont tu as donné le lien. Au passage, je te suggère de bien lire le contenu d’un site « militant » lorsque tu propages sa bonne parole … pleine d’amalgames et d’approximations.

  • Claire  On 2 mar ’09 at 5:11

    Mais dans un monde ou la parole est libre, ou chacun doit pouvoir faire preuve de réflexion, je trouve intéressant de mentionner ce site même si je ne suis pas d’accord avec tout son contenu.
    Est-on toujours d’accord avec tout lorsque l’on décide de s’inscrire dans un parti politique ? est-on toujours d’accord sur tous les sujets avec notre compagne ou notre compagnon ? avec nos collègues de travail ? notre équipe ? bien sûr que non. Pour moi, là, c’est du même ordre.
    Et se dire qu’il ne faut pas propager un site à cause de certains passages me semble bien excessif pour le coup.
    J’ai mentionné ce site pour le sujet que je traitais, et qui était également le sujet de ce billet : les poils.

  • jG  On 2 mar ’09 at 14:44

    @ Claire : la liberté d’expression s’arrête aux limites de la loi. Pour information, il suffirait d’assez peu de choses pour faire que ce site soit déconnecté de la toile tant son contenu est border-line dans sa vision de la sexualité des enfants. En ce qui concerne les poils, le sujet initial, chacun fait c’qui lui plait (plait plait) et peu importe qu’une nana se rase la touffe parce qu’elle est politiquement libérale, sexuellement dépravée ou socialement influencée. L’essentiel c’est qu’elle se sente bien dans son corps et que son/sa partenaire prenne plaisir à s’y promener … tant qu’elle est majeure ^_^

  • amélie (misscata)  On 28 mar ’09 at 21:00

    Coucou ! il fallait que j’ajoute un detail… je ne sais pas si tu connais ce blog de maïa mazaurette « sexactu » ça vaut le coup d’oeil ! http://www.sexactu.com/
    l’un des articles fait reference aux poils. hihi. Mais l’ensemble est interessant !! ciao

  • Gaël  On 29 mar ’09 at 22:49

    amélie, bien sûr que je connais sexactu.
    et euh, sans vouloir faire trop avant-gardiste, l’article de maïa mazaurette fait référence à celui d’Agnès Giard… tu trouveras mon nom dans les commentaires 😉

    Cela dit, maïa mazaurette a largement descendu dans mon estime quand j’ai lu son bouquin sur le clitoris : ce n’est qu’un large ramassis de citations, sans aucun travail critique personnel (ou si peu qu’il passe inaperçu).
    Bref, comme dans le cas des poils, la maïa est une bonne compilatrice des pensées des autres, mais guère plus.

  • Avistew  On 3 avr ’09 at 23:35

    Moi, je dis que ça s’appelle « puberté » pour un raison (oui, oui, ça veut bien dire poils, l’époque où les poils apparaissent, c’est ça qu’on a choisi de considérer comme caractéristique principale différenciant les enfants des ados et des adultes…)

    Je ne pense pas que les hommes qui aiment les femmes épilés sont pédophiles, mais je pense que l’esthétique d’un corps lisse renvoie à la « pureté » enfantine, on est moins sexuel, moins animal.

    L’épilation du corps est devenue courante lorsque l’amérique puritaine s’est découverte… Et le corps de femme qui était révélé par l’absence de vêtements, il fallait le cacher à nouveau, le désexualiser en l’épilant. Et plus le corps s’est découvert, plus l’épilation s’est répandue…

    Les poils sont intimes, et sexuels, et excitant. L’épilation est un genre de burqa, dans ce sens. Souvent volontaire, elle peut tout de même être forcée par la société : il est dur de sortir en public sans être épilé du tout, on a droit à des remarques de parfaits inconnus… « Il y a des enfants », qu’on nous dit… C’est bien la preuve que le poil dénude, à mon avis, plus que l’absence de vêtements. Se raser, s’épiler, c’est come s’habiller, ne pas vraiment être nu puisque qu’on cache cette partie intime de nous…

    C’est mon avis en tout cas. Et donc, pour moi personellement, je préfère le naturel. Je ne m’épile pas le corps, je le faisais à l’adolescence, l’école et les autres élèves faisant pression sans que je m’en rende compte… Avec le recul c’est pourtant évident maintenant. J’ai arrêté de m’épiler il y a quelques années, après avoir vécu au Canada où on pense que les françaises ne s’épilent rien…
    N’ayant pas à craindre de remarques (on savait que je suis française, j’avais donc des remarques lorsque que j’étais épilée, me disait « on sait que tu es française, tu n’es pas obligée de l’épiler tu sais, on admire les françaises et leur liberté d’accepter leur corps tel qu’il est »)… Ca m’a fait réfléchir.
    Mon mari m’a également avoué, quand je lui ai parlé, qu’il aurait préféré que je ne m’épile pas mais n’avait jamais rien dit car il pensait que c’était mon choix personnel et qu’il n’avait pas son mot à dire.

    Je me suis aperçue que je faisais quelque chose pour les autres que les autres ne demandaient pas de moi. Et ce qu’on fait de son corps, il faut le faire pour soi. Pour moi, je ne m’épile plus. Pour soi, certains et certaines s’épilent. C’est leur choix, et ça fait partie de la diversité.
    L’essentiel je pense est de faire une décision pour soi-même et non pas à cause de pressions extérieures. Bien sûr, c’est plus facile à dire qu’à faire.

  • Pierre  On 16 avr ’09 at 7:30

    Bonjour, je m’appelle Pierre, je suis Belge quadra et féministe. C’est via le blog d’Agnès Giard que j’ai trouvé cet article.
    Concernant Zwang, il parle des mutilations corporelles ici : http://ame.enfant.org.free.fr/zwang.html et l’épilation en fait partie. La fin de l’article est terrrible.
    Il faut comprendre ce que dit Zwang dans un contexte misogyne et patriarcal et de ce fait, il a raison de comparer un sexe de femme adulte épilé avec celui d’une fillette impubère puisque, chez les anciens Grecs, comme le décrit Aristophane, les hommes imposaient aux femmes d’enlever les signes qui auraient pu faire « ressembler » hommes et femmes, dont les poils. Même si aujourd’hui, le monde n’est plus patriarcal légalement parlant, la symbolique du corps lisse est très forte puisqu’il y a un consensus pour dire qu’une femme « doit » être lisse pour être féminine.
    Ça fait 10 ans que je m’intéresse à ce thème passionnant (la pilosité féminine, abrégée en PF) car il contient tout ce qu’il faut pour expliquer le conditionnement et la puissance du patriarcat, malgré qu’on nous bassine avec mai 68 qui aurait tout révolutionné, c’est vrai mais seulement en surface, pas dans l’inconscient des gens. Ce thème touche à la sexualité, au contrôle du corps des femmes par les hommes, à la perception de son propre corps et de celui des autres, au puritanisme, à la censure, il dépasse donc largement le cadre de la pilosité.
    Ce thème me touche de près car ma femme ne se rase pas les aisselles pour diverses raisons et depuis plus de 10 ans, elle se fait insulter par des gens, à la plage ou à la piscine : on la traite de singe, de yeti. Je suis avec elle chaque fois et je peux vous dire que ça fout les boules. Moi aussi j’ai des poils mais personne ne me dit rien, c’est donc une discrimination sexiste.
    Quand on regarde le rasage avec recul mais avec des yeux féministes, il est évident qu’il s’agit non pas d’un choix personnel des femmes mais d’une injonction machiste. En effet, les femmes n’avaient pas le contrôle de leur vie, donc de leur corps. Pour les anciens Grecs, les femmes étaient d’ailleurs dépourvues de cerveau ou plutôt, leur utérus était leur cerveau. A qqn qui n’a pas de cerveau, on ne laisse pas le choix de décider, on décide à sa place.
    La répression sexuelle des femmes a duré des siècles et se manifestait entre autres par un tabou de la PF car les poils étaient interdits dans toute représentation du corps des femmes à cause de leur caractère érotique, d’où leur absence des tableaux des grands maîtres (jusqu’à la fin du 19ème) ou des statues grecques. Dans les écoles d’Art de l’Antiquité à la Renaissance, on interdisait aux élèves de la représenter, car trop érotique, donc taboue, c’est du puritanisme. Puis, les censeurs d’Hollywood interdisent qu’on la montre, dès le début du cinéma en 1896, média considéré comme subversif et donc, à réglementer. Pour ne pas voir leur film interdit, les réalisateurs se pliaient donc aux diktats puritains.
    Aujourd’hui, pratiquement aucun cinéaste français ne respecte la vérité historique alors qu’il suffit de regarder les archives de l’INA pour voir que peu de Françaises lambda s’épilaient, jusqu’au début des années 80. C’est une forme de révisionnisme, même si le mot peut paraître forcé car c’est bien souvent involontaire, les réalisateurs sont persuadés que les femmes se rasent depuis toujours, certains à qui j’ai écrit l’ont avoué.
    Mais le tournant, c’est en 1915, lorsque cela devient un enjeu commercial, les marchands de rasoirs se sont rendus compte du marché énorme qui s’ouvraient à eux, celui des femmes. C’est un tabou ancestral doublé d’une histoire de fric qui conduit à la situation actuelle puisque ne pas se raser/s’épiler, ça ne rapporte rien.
    Dans le passé, les femmes ne montraient aucune partie de leur corps en public, exhiber une cheville nue en 1910 était considéré comme hautement érotique ! Donc, la PF était limitée au cadre privé. C’est depuis que les corps des femmes se sont progressivement dénudés que la censure est revenue au galop.
    Aux gens qui doutent de l’ampleur du tabou, je pose une simple question : « quand avez-vous vu pour la dernière fois dans la sphère publique une femme aux aisselles pas épilées ? ». La plupart sont incapables de répondre.
    Ce qu’on censure est forcément sulfureux, la situation actuelle est la même qu’il y a 2000 ans puisqu’il n’y a plus aucune femme avec des poils dans la sphère publique mais aujourd’hui, la société n’assume pas cette censure, elle parle de « liberté », de « choix personnel ».

    C’est Giscard dans les années 70 qui a autorisé qu’on montre des poils pubiens car il y avait une interdiction légale en dehors de l’art (peinture). Dans les années 1950 paraissait une revue érotique s’appelant Paris Hollywood, une espèce de Playboy avant l’heure. Mais elle ne publiait pas de photos sans les retoucher car il y avait une censure draconienne qui interdisait toute représentation du sexe féminin et de la toison pubienne. Les photos de femmes entièrement nues étaient retouchées et le bas du ventre des modèles apparaissait lisse et dépourvu de tout détail. Mais depuis le milieu des années 90, les pubis féminins perdent à nouveau leur toison dans ces magazines et dans les films X. On voit bien en quoi c’est une retour au puritanisme, la parenthèse pileuse aura duré moins de trente ans.
    Dans une pub pour un rasoir féminin à la télé, que la femme qui se rase n’a déjà plus de poils ! Comme si une pub pour une tondeuse à gazon nous montrait un jardin à l’herbe déjà coupée, ce serait aberrant. Alors que quand on voit une pub pour un rasoir masculin, l’homme y a une barbe de qq jours. Les pubeux censurent la PF, comme leurs lointains ancêtres.
    En plus, on y dit aux femmes « épilez-vous, soyez féminines ». Sous-entendu qu’une femme avec des poils n’est pas féminine alors que la PF est un signe de féminité, comme les seins, car signe de maturité sexuelle. On enlève un signe de féminité pour devenir féminine ? Am I missing something ?

    Les revues dites féminines abordent l’épilation à sens unique : en disant « comment s’épiler ». Or, la bonne question est « faut-il s’épiler ». Quand on sait qur plus de la moitié des femmes avec qui j’en ai parlé et qui s’épilent le font uniquement à cause de la pression sociale, il y a de quoi se poser des questions mais les firmes de cosmétique faisant de la pub dans ces revues, ce serait se tirer une balle dans le pied que remettre en cause cette pratique.

    Concernant l’hygiène, Etheilen dit que ça pose problème mais ma femme se lave chaque jour et met de la pierre d’alun pour les aisselles : pas d’odeur et moins de transpiration, avec un produit naturel. Les poils pubiens des femmes protègent contre les mycoses et autres infections.

    Le pire, ce sont les adolescentes. Bcp de filles à peine pubères se rasent déjà le pubis ! Ce sont des gynécos qui le disent. Comment à cet âge-là peut-on décider avec son libre arbitre ? Pourquoi subitement cette envie d’enlever ce qui fait de ces jeunes filles des femmes puisque l’apparition des poils les différencient justement des fillettes impubères qu’elles étaient ?

  • Pierre  On 16 avr ’09 at 7:32

    Gaël, disait ceci sur l’autre blog

    «Et à l’inverse, on sent une timide mais réelle parole qui commence à émerger de certains mecs qui préfèrent… un peu de poil chez leurs compagnes (ou beaucoup, hein, mais là c’est de la perversion)»

    C’est vrai qu’à une certaine époque, c’était mal vu d’avouer qu’on préférait les femmes naturelles. Quand on évoque ce thème en groupe, les réponses sont très différentes que quand on en parle en tête à tête. En groupe, il est très rare que qqn dise ouvertement « je suis pour que les femmes gardent leur poils ». On va le taxer de fétichiste. Or, le fétichisme est le fait d’attribuer un caractère érotique à ce qui n’en a pas, tout le contraire de la pilosité sexuelle, en somme. A la limite, le fétichiste est celui qui *exige* un pubis épilé.
    Quand on est en tête à tête, bcp d’hommes avouent être indifférents au fait qu’une femme soit épilée ou pas. Et bcp de femmes disent que pour elles, c’est une corvée dont elles se passeraient bien : ça fait mal, ça coûte cher, ça prend du temps, ça pollue puisque tous les produits dépilatoires sont très polluants, etc.

    Avistew résume bien la situation et on comprend ce que c’est que la pression extérieure mais aussi, la croyance que les hommes n’aiment pas les poils. Bcp de femmes m’ont dit la même chose : elles ne se rasaient pas en étant célibataire mais dès qu’elles avaient un partenaire, elles se rasaient d’office. Ce non-dit est très dommageable et conduit à des quiproquos. Le mieux est d’en parler directement, afin de ne rien laisser au hasard.
    Sur le fait que la PF dérange, le tableau de Courbet « l’origine du monde » prouve que le puritanisme est encore très présent aujourd’hui : des gens sont offusqués en le voyant au musée d’Orsay et vont rouspéter à la réception en disant qu’il peut choquer des enfants. Mais il y a d’autres tableaux avec des femmes au pubis épilé à cause de la censure et ça, personne ne s’en offusque. Ces gens refusent donc ce qui est naturel et préfèrent voir un tableau censuré, c’est le monde à l’envers.

    Concernant la perversion, je ne suis pas d’accord. Le problème, c’est d’exiger un corps lisse (ou poilu mais c’est bcp plus rare) car ça ne laisse pas le choix aux femmes. Or, bcp d’hommes dans la vingtaine, n’ayant connus que la porno comme référence, ne peuvent concevoir qu’une femme garde ses poils pubiens. Il suffit d’écouter la radio libre le soir pour s’en rendre compte, c’est consternant d’entendre l’intolérance à propos des femmes qui osent garder leur toison.

    Il y avait déjà des pubis épilés dans certains films X des années 80 : les SM où l’épilation fait partie du rituel de soumission. Se faire raser le pubis y était la dégradation ultime, rendant les femmes infantiles, comme on le faisait les siècles passés pour punir certaines femmes. Cette humiliation a plu à certains détraqués parmi les producteurs de X qui ont alors eu l’idée de l’étendre à presque tous les films X.
    Je compare l’épilation féminine avec le voile chez les intégristes musulmans. Le voile a pour but de cacher une partie du corps vue comme érotique par les Musulmans machos qui refusent que d’autres hommes puissent être « excités » à la vue des cheveux d’une femme. Donc, enlever les poils (les cacher, en somme) ou cacher les cheveux, c’est du pareil au même, on enlève un attribut potentiellement érotique. Les mollahs main dans la main avec les pornographes pour empêcher les femmes de montrer des attributs érotiques, qui l’eut cru ?

    Pour ceux qui douteraient du côté érotique de la PF, Laetitia Casta fait partie des femmes aux aisselles naturelles ! Elle est venue en parler très librement chez Denisot au « Grand Journal » sur Canal+ en 2006, pour la promo du film « le grand appartement » de Pascal Thomas, où elle montre sans complexe ses poils aux aisselles en tenant un discours très féministe : ce sont les pédophiles qui aiment les femmes lisses et que s’épiler, c’est une forme de haine du corps des femmes dans ce qu’il a de naturel car la pilosité féminine est un symbole de maturité sexuelle, donc de féminité. Elle persiste et signe dans différents articles sur le Net et dans la presse, elle dit que la pilosité féminine est glamour, que son mari aime ça et que c’est le cas de bcp d’hommes. Elle a récidivé en 2008 dans le film « Nés en 68 ». Le premier homme qui dirait « non » à Laetitia parce qu’elle n’est pas épilée, n’est pas encore né 😉

    Voir des captures du DVD du « Grand appartement » ici où l’on peut constater que les poils ne font pas d’elle une femme masculine ou un singe.

    http://poilagratter.over-blog.net/article-7242541.html

    Pourquoi les hommes font ce qu’ils veulent de leurs poils mais pas les femmes ? Voir Chabal et à l’autre extrême, Bill Kaulitz (Tokio Hotel) qui avoue s’épiler de la tête aux pieds. Ils sont venus tous les 2 à la même émission que Casta mais étrangement, personne ne les a interrogés sur leur choix pileux alors que Laetitia n’a quasi pas parlé du film tellement elle devait se justifier d’avoir montré des poils en public !
    Aujourd’hui, une majorité de jeunes hommes se rasent le corps, on le voit à la piscine. Mais ceux qui ne le font pas ne sont pas montrés du doigt. C’est bien qu’il y ait cette tolérance mais pourquoi pas pour les femmes ?
    La mode épilatoire pour les hommes et le discours de dégoût qui va avec prouve bien que les poils ne sont pas (plus ?) virils. C’était un des arguments des femmes qui s’épilaient : les poils, ça fait masculin. Mais quand l’homme s’épile intégralement aussi, c’est pour ne plus être viril ? J’y vois une énorme contradiction. On pourrait même imaginer une femme pas épilée et un homme épilé : est-ce que la femme serait considérée comme virile et l’homme comme féminin ?
    Au fond, le problème n’est pas de s’épiler ou pas. Le problème, c’est les raisons qui poussent à le faire et le rapport qu’on a avec son corps. On a le droit de ne pas aimer les poils, c’est esthétique et ça ne se discute pas mais les autres raisons souvent invoquées ne tiennent pas la route une seconde. Au pire, on peut être indifférent à sa pilosité. Mais pourquoi rejeter son propre corps, le trouver moche, pas féminin, sinon parce qu’il y a un lourd héritage misogyne ? C’est le moyen que les hommes ont trouvé pour réduire les femmes au physique et ça, depuis des millénaires.
    Qu’on ne se méprenne pas, je ne prône pas l’abandon de l’épilation, chaque femme doit pouvoir décider de ce qu’elle fait de son corps mais on en est arrivé à un tel point dans le bourrage de crâne que ce n’est plus possible pour une femme de montrer ses poils publiquement, chez les « civilisés » occidentaux sans que ça ne suscite des réactions disproportionnées.
    Je revendique une seule chose, l’indifférence. Qu’on foute la paix à celles qui n’ont pas envie de s’épiler ou ne peuvent le faire à cause d’une peau trop fragile qui réagit mal à l’agression qu’est l’épilation.
    Pierre.

  • Gaël  On 16 avr ’09 at 11:23

    Ha ha, désolé Pierre, mon humour est parfois difficile à saisir, j’aurais dû rajouter un smiley :)
    Quand j’écris « …mais là c’est de la perversion », c’est une blague !

    Ma définition de la perversion n’inclut en aucune manière le fait d’aimer les poils. Prends plutôt cette phrase comme une gentille moquerie que comme une condamnation morale, et tu verras que mon discours sera plus clair.
    Il s’agit surtout de dédramatiser justement cette histoire de perversion, puisque d’après Freud, tout ce qui dévie de la norme, et globalement tout acte sexuel qui ne vise pas la procréation serait de l’ordre de la perversion… je connais peu de gens qui du coup ne sont pas pervers.

    Alors autant prendre tout cela avec le sourire, sans juger, mais sans pour autant en faire un tabou, genre on ne peut surtout pas en rire ou dire quoi que ce soit sous peine d’être intolérant !
    Pasque bon, les goûts et les perversions sont dans la nature de l’être humain… et font sa richesse. Personnellement je préfère prendre tout cela avec légereté.

    P.S. D’accord avec toi sur la fin, sauf sur le mot indifférence, que je remplacerait plutôt par liberté, ou non-jugement.
    Perso, un sexe, épilé ou pas, ne suscite aucune condamnation de ma part.
    Mais de là à me laisser indifférent…

  • Pierre  On 21 avr ’09 at 8:41

    Merci de ta réponse Gaël, je comprends mieux maintenant. J’aimerais prendre tout ça avec légèreté mais quand ma femme se fait insulter, c’est très dur de faire semblant de ne rien avoir entendu. Certains disent « il faut être fort et ne pas se préoccuper de l’avis des autres ». C’est facile à dire.
    Pour l’indifférence que je revendique, c’est parce que plusieurs tabous sont tombés dans la société depuis 20 ans : la mort, l’homosexualité, les gens âgés, les divorcés. Cela ne choque plus de voir des gays ou des lesbiennes main dans la main en rue mais dans les années 80, c’était encore impensable.
    On ne peut empêcher les gens de penser des horreurs sur le physique des autres mais quand ils s’agit de PF, là, plus de retenue, on y va et on dit ce qu’on pense. Cette facilité ne tombe pas du ciel, ce sont les milliers d’années de censure de la PF qui sont gravées en nous et sans le vouloir, on parle comme les ancêtres, c’est de l’atavisme.

    Tu parles de Freud mais il est à prendre avec des pincettes, il a dit des choses intéressantes mais aussi des énormités.
    Parmi ses patients, il y avait des gens de la haute bourgeoisie viennoise et Freud était effaré par le nombre de femmes adultes expliquant qu’enfant, elles avaient été abusées sexuellement par leur père/frères/oncles/etc. C’était impensable de responsabiliser les hommes adultes à l’époque vu qu’ils étaient censés être supérieurs aux femmes.

    Freud aurait donc inventé le complexe d’Oedipe en disant que ça ne pouvait être qu’un fantasme des filles sur leur père alors que c’était la triste réalité, corroborée d’ailleurs par des historiens et certains récits où on voit bien que c’était «normal» de coucher avec des filles impubères ou à peine pubères. En même temps, on ne peut pas lui en vouloir, il était dans un contexte très particulier et il y avait des enjeux considérables, le qu’en-dira-t-on dans la société viennoise était plus important que la parole de femmes névrosées. Mais je crois qu’aujourd’hui, il faut voir la réalité : l’inceste était très fréquent jusqu’au 20ème siècle, facilité par la promiscuité puisque les gens dormaient bien souvent dans le même lit que les enfants. La chambre à part pour les enfants date du milieu du 20ème siècle en Occident, pour les familles lambda.
    Le complexe d’Oedipe ne repose à mon sens sur rien de réel, comme cette importance que Freud donne au phallus et dont l’absence chez les petites filles provoquerait des troubles. C’est donner bien trop d’importance au phallus mais là encore, c’est normal dans une société patriarcale et machiste.
    Et Freud se vautre complètement en disant qu’une femme n’était épanouie sexuellement que grâce au plaisir vaginal donné par le pénis, que celles qui avaient du plaisir clitoridien uniquement étaient frustrées. Toutes les célibataires et les lesbiennes sont donc frustrées alors ?
    Je préfère nettement l’approche de Jung, surtout sur l’inconscient collectif.

  • Pierre  On 21 avr ’09 at 8:43

    Concernant ton métier, j’ai dialogué sur un autre forum avec une femme modèle qui ne se rase pas le pubis. Voici son site : http://www.hypnose75.book.fr

    Elle disait

    «les remarques désobligeantes sont courantes des photographes et des autres modèles, certaines attaques vont très loin. L’argumentation première des filles semble être l’esthétisme et hygiène.
    Certains ont été jusqu’à me proposer de me raser avant la séance, comme si c’était un oubli involontaire de ma part, charmant.
    Sur des commentaires sur mes photos, il n’est pas rare de lire, beau sourire blablabla mais tu aurais pu t’épiler tout de même. J’ai heureusement aussi beaucoup de photographes et de peintres qui m’ont encouragé. Pour les aisselles, c’est beaucoup plus difficile à imposer, j’ai essayé pourtant.»

    Je lui ai demandé si les autres modèles se rasaient et si la tendance pour l’intégral était récente

    «-Oui, la plupart des modèles ont le pubis épilé et de plus et plus, je m’explique : il y a de cela encore 3 ans la mode chez les modèles était le « ticket de métro », maintenant c’est la version zéro poil
    -Les remarques viennent de toutes les tranches d’âge mais à y réfléchir, les plus directes viennent des plus jeunes (20-30 ans)
    -Pour l’évolution, oui, c’est très net, j’ai d’ailleurs bcp d’amis photographes qui sont dans le métier depuis plus de 25 ans et qui regrettent la période naturelle.»

    Même dans l’érotisme, on en arrive à zéro poil, comme dans le porno. Elle doit batailler pour justifier son choix de ne pas se raser, c’est tout de même le monde à l’envers. :(
    Pour lire tout l’échange, voir ici : (lien enlevé par Gaël)

    As-tu constaté la même évolution en dix ans ? Je parle de la disparition des poils pubiens. Et des modèles avec des poils aux aisselles, je suppose que tu n’en as jamais eu.
    Concernant l’indifférence face à un pubis épilé, dans mon cas, cela ne provoque rien comme excitation quand j’en vois, ça rappelle trop le sexe d’une fillette impubère. Autant dire que la quasi totalité de la production de X ou de photos « érotiques » me laissent indifférent. Pour moi, aisselles et pubis sont intimement liés et le fait qu’une femme garde ses poils à ces deux endroits clés est réellement très excitant. Ce n’est pas qqch que je contrôle, je ne me suis pas levé un matin en me disant « tiens, aujourd’hui j’ai vu des poils sur le corps d’une femme et j’ai décidé que ça me plaisait ». Ça m’est tombé dessus à l’adolescence mais c’était impossible d’en parler à l’époque.

    J’ai découvert un groupe de danseuses du ventre américaines, certaines d’entre elles ne s’épilent pas les aisselles et ça permet de comparer puisque pour une fois, on a les deux simultanément : des femmes lisses et des naturelles. Elles ont posté des dizaines de vidéo sur Youtube, en voici une : http://www.youtube.com/watch?v=-YkIKVSS4z8&feature=related
    Qu’en penses-tu ? Sont-elles moins sexy ? Moins féminines ? En tout cas, les commentaires valent leur pesant de cacahouètes sur le mépris et le dégoût de certain-e-s concernant les poils. Par contre, pas un mot sur l’énorme tatouage d’une des danseuses, il est pourtant esthétiquement discutable. Preuve que les poils, ça touche à l’inconscient et ça provoque un rejet quasi instantané.

    Une idée à tester : envoyer le lien d’une des vidéos à des gens mais sans parler des poils, en disant seulement que c’est une vidéo très chouette d’une groupe de danseuses. Ensuite, attendre les réactions et commentaires, je suis sûr que les poils seront commentés négativement, y compris par des gens censés être tolérants et respectueux.

  • Gaël  On 21 avr ’09 at 11:10

    Juste une remarque tout de même, Pierre, je pense que je vais censurer le lien vers écologie libidinale.
    Au vu du contenu du site, judicieusement relevé par JG, je n’ai absolument pas envie de le cautionner ou de le faire monter dans google par des liens sur mon site, je suppose que tu comprendras ce point de vue.

  • Pierre  On 28 avr ’09 at 10:18

    @Gaël, je n’ai pas réagi concernant ce qui était dit plus haut sur l’aspect sexualité et sensualité car c’était hors contexte avec ce dont on parlait ici. Mais le lien que j’ai donné n’a rien à voir avec ce qui est dit plus haut, le site ecologielibidinale traite de plein de choses très différentes.

    Je suis mal placé pour parler de cette histoire de sexualité car il s’agit en fait de la théorie de Wilhem Reich (que je connais très mal) qui explique que toutes les névroses sont dues à la répression de la sexualité dès le plus jeune âge. Mais quand on lit la page concernée, il n’y a pas d’ambiguïté, contrairement à ce que dit Jg.

    Voici ce qui clarifie le sujet

    « Notre objectif est à la fois de protéger les enfants contre les abus sexuels et de protéger les enfants contre la répression de leur propre sexualité.
    La notion de sexualité est une notion large, qui ne limite en aucun cas à la sexualité génitale. La sexualité, c’est le plaisir issu du corps que l’on vit seul ou avec l’autre. Lorsque nous utilisons le mot sexualité, il ne faut pas pour autant imaginer un rapport génital.

    Ce point de vue est en contradiction avec les connaissances apportées par la psychanalyse concernant la sexualité infantile, notamment l’autonomie du désir, et avec l’observation que tout un chacun peut faire : si on les laisse faire, les enfants ont une activité sexuelle et ils sont parfois demandeurs et initiateurs de jeux sexuels entre eux ou avec les adultes (ex : demander une fessée). L’enfant est capable de mettre fin au jeu lorsqu’il n’en a plus envie ou sinon c’est à l’adulte d’y mettre fin lorsque l’enfant veut prendre une position d’adulte.

    L’abus sexuel a lieu lorsque l’adulte impose au jeune une activité sexuelle que ce dernier ne désire pas ou qui n’est pas adaptée à son développement physique et mental (sa maturité). Les conséquences peuvent en être gravissimes pour l’enfant, notamment concernant la suite du développement de sa propre sexualité. »

    Je pense donc qu’il n’est nulle part question d’encourager des relations sexuelles avec des enfants mais d’encourager la sensualité, ce qui est fort différent. Je ne souscris pas à la théorie de Reich pour diverses raisons mais elle a le mérite de parler autrement de la sexualité. Il est évident que si ce site encourageait la pédophilie (telle que définie par la loi), il serait immédiatement fermé. Or, cette page existe depuis des années et il n’y a jamais été question d’incitation à transgresser la loi. Sans quoi, si vous estimez que c’est dangereux, il faut alors avertir les autorités qui pourraient décider de retirer ce texte du site mais ça ne risque pas, il faut simplement lire ce qui est écrit en laissant tomber tout ce qu’on connaît sur la sexualité.

    Ce qui m’intéresse sur ce site, c’est de pouvoir parler entre autres de pilosité féminine et du fait qu’il s’agit d’un tabou dans notre société, je pense donc que d’avoir supprimé le lien vers le forum du site n’était pas nécessaire.

    Sinon, as-tu pensé à ma question sur tes photos ? Et Unmata, tu en penses quoi ?

  • Gaël  On 30 avr ’09 at 11:53

    Nan nan, depuis Reich il y a d’autres points de vue sur la sexualité des enfants, et c’est toujours suspect de se cacher derrière certains écrits de Reich pour prôner une éducation sexuelle en actes – ce qui est clairement le cas de ce site.
    Donc, légal ou pas, je ne cautionne pas, point.

    Et je n’ai pas eu le temps de regarder cette histoire de photos et de Unmata (??)

  • Pierre  On 7 mai ’09 at 8:16

    @Gaël, dans ma réponse du 21 avril à 8h43 dont tu as enlevé le lien, j’ai parlé d’une femme qui pose nue pour des photographes, voici son site : http://www.hypnose75.book.fr
    Et d’un groupe de danseuses qui s’appelle Unmata avec un lien vers un clip Youtube qui dure 1 mn 16 secondes et qui vaut la peine d’être vu : http://www.youtube.com/watch?v=-YkIKVSS4z8&feature=related
    Je te demandais donc ce que tu pensais de ce que disait la modèle et quel était ton avis sur les danseuses.

  • Gaël  On 7 mai ’09 at 10:46

    Moui, ben je suis allé sur le site de cette modèle, et voir la vidéo.
    C’est intéressant, mais bon, je trouve que ni la modèle ni les danseuses ne se réduisent à cette histoire de poils… leur démarche artistique est tellement plus intéressante que leur point de vue sur la pilosité !

  • Pierre  On 8 mai ’09 at 6:52

    On est d’accord, elles ne se réduisent pas à leurs poils (je suis le premier à me battre en tant que féministe à ne pas réduire les femmes à une partie de leur corps). Mais il faut se rendre compte que la pilosité est taboue et sa présence provoque sytématiquement des commentaires négatifs. La modèle se voit proposer un rasoir par des photographes pour son pubis et les danseuses ont droit à des commentaires négatifs non pas sur leur prestation scénique mais sur leurs poils ! Je ne fais donc que mettre en lumière ces réactions outrancières pour qqch de naturel mais qui évoque trop la sexualité dans le monde puritain qui est encore le nôtre.

    Pour Unmata, elles veulent simplement démontrer que les stéréotypes sur le look que les femmes doivent avoir sont encore nombreux et réducteurs. Bcp de commentaires sur le site Youtube indiquent que les gens sont « distraits » par les poils des danseuses, au point de ne plus regarder que ça ! Il y a un côté hypnotique à la pilosité, parce qu’elle évoque le sexe, qu’on le veuille ou non.

    La bonne question est plutôt : pourquoi le tatouage ou le piercing n’éveillent aucun commentaire alors qu’ils sont discutables du point de vue esthétique ?

    Si tu remplaces « femme avec des poils » par « femme noire », cela montre directement où se situe le problème. Il y a 50 ans, on aurait montré du doigt une femme noire dans un groupe de danseuses. Aujourd’hui, on stigmatise celles qui osent défier la loi non-écrite stipulant qu’une femme n’a pas le droit d’arborer publiquement des signes de maturité sexuelle.

    Si on voyait de temps en temps dans les médias une femme avec des poils aux aisselles, ce que fait Unmata n’aurait pas autant d’intérêt. Mais comme justement, il y a un tabou médiatique, ce qu’elles font est réellement un acte de résistance.

  • Association M.I.E.L.  On 30 mai ’09 at 20:36

    Notre site écologie libidinale ayant été mis en cause dans cette discussion, nous intervenons pour une petite mise au point.

    Des phrases ont été extraites de notre page traitant de la médiatisation des affaires dites de pédophilie (post de jG 28 fév. 2009 14h15). Compte tenu du caractère sensible du sujet, le procédé n’est pas correct. (Merci en passant à Pierre d’avoir complété les citations.)

    Les lecteurs doivent lire l’ensemble de la page pour comprendre notre message. Chaque mot y est soigneusement pesé pour éviter autant que faire se peut les ambiguïtés. En dehors des phrases écrites et lues en contexte, tout le reste : interprétations et intentions que l’on nous prête est… dans la tête des commentateurs.

    (petit exemple : la première réaction (Gael 28 fév. 2009 17h10) dit :
    « Et ce dernier extrait est un mensonge : la loi française n’interdit pas l’”éducation sensuelle” des enfants d’une façon générale, il faut arrêter de tout confondre! »
    Or il n’est pas dit que la loi interdit cela ni dans l’extrait cité ici ni ailleurs dans notre page. Il est fort dommage que les gens qui font des commentaires ne lisent pas mieux ce qui est écrit)

    Nous demandons que le lien vers la page en question soit donné ici afin que les lecteurs puissent se faire une opinion par eux-mêmes, en lisant sereinement et complètement nos arguments.
    http://www(point)ecologielibidinale(point)org/fr/miel-hysterie-fr.htm

    Par ailleurs étant donné que la discussion d’origine porte sur le poil, autant donner le lien vers la page où nous traitons cette question :
    http://www(point)ecologielibidinale(point)org/fr/miel-etesansepilation-fr.htm

  • Gaël  On 30 mai ’09 at 21:21

    OK, réponse publiée, en retirant les liens (j’ai déjà indiqué pourquoi je ne souhaitais pas faire monter votre site dans google).

    Cela dit, j’ai entièrement lu votre page, contrairement à ce que vous semblez penser, et je maintiens ma critique, qui se basait sur le raisonnement biaisé que vous tenez, qui assimile une loi de protection des mineurs à une impossibilité pour ceux-ci de s’ouvrir à la sexualité.
    Les enfants peuvent avoir une sexualité, mais… pas avec des adultes.
    Le point de vue que vous soutenez, que les enfants, parce qu’ils ont une activité sexuelle, seraient à même de partager ces jeux avec des adultes, est révoltant.

    Sur ce, je clos les commentaires sur ce post, les visiteurs intéressés par votre discours pourront effectivement aller se faire leur propre idée sur votre site en remplaçant les (point) par des . dans les adresses données, mais la mienne est déjà arrêtée.