Révolte au centre de rétention de Vincennes : la réalité de l’enfermement aujourd’hui…

De façon générale, je considère que j’exprime mes opinions politiques sous une forme artistique, libre à chacun de se faire son idée. Mais la violence de l’actualité et sa résonnance avec les thèmes que j’aborde me poussent à une première exception aujourd’hui.

Les émeutes qui ont eu lieu cette nuit dans différents « centres de rétention administratifs », notamment à celui de Vincennes, montrent la réalité de l’enfermement et les questions qu’il soulève.
Selon la version officielle de l’administration concernée, la révolte se réduit à un « mouvement d’humeur », et il n’y a eu aucun blessé.

Dans le centre de rétention de Vincennes, il n’y a pas de délinquants, ou du moins pas plus qu’ailleurs.
Les personnes qui y sont enfermées attendent des décisions administratives, qui une régularisation, qui une reconduite aux frontières.

Cette attente peut se prolonger pendant des semaines, et elle se fait dans des conditions indignes de notre administration.
Pas d’eau chaude dans les douches, des humiliations subtiles mais réelle, comme la nécessité de présenter une carte pour avoir droit à du papier toilette… La révolte de ces derniers jours est née d’un sujet précis : les contrôles incessants.

«C’est insupportable, on ne nous laisse même pas dormir. La nuit, les gardes nous réveillent six ou sept fois, juste pour nous fouiller et nous compter», confie Yunès, soulagé de quitter le centre après 31 jours de rétention.
(source : Libération).

Voilà qui ne résonne que trop avec les thèmes que, sous le discours premier de la sexualité et de la psychiatrie, le projet De Hysteria Chirurgica aborde en sous-main.
« Loin des yeux, loin du coeur », ce proverbe est malheureusement d’une actualité douloureuse. Dans le secret des prisons, des centres de rétention, et bien sûr des hopitaux psychiatriques, les personnes internées sont soumises à une loi totale, implacable, parfois sans aucun contrôle extérieur.
Ces « zones de non-droit » subsistent notamment car nous n’en avons pas conscience, ou que nous ne voulons pas y poser le regard.

Alors par cet article, je souhaite exprimer un message tout simple, naïf sans doute : non, nous n’ignorons pas ce qui se passe derrière certains murs clos. Vous, responsables administratifs, préfets, qui avez le pouvoir d’agir, sachez que votre manque de réaction ne passe pas inaperçu.
J’espère que d’autres relayeront ces informations sur les blogs, radios, journaux, meetings politiques, afin que ces questions soient posées en pleine lumière.

Pour plus d’informations : L’article d’Antoine Duvauchelle et Marie Piquemal pour Libération

P.S.
J’ai honte, honte de mon pays, honte de n’agir que par ce blog.
Mais une chose est sûre : quand ces pratiques seront enfin considérées comme indignes, et qu’on se demandera comment on a pu laisser faire ça, je ne pourrai pas dire que je ne savais pas.

EDIT du 02/01/08 : Nouvelle grève du repas – voir l’article de Libération

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Comments

  • Anaïsella  On 4 jan ’08 at 18:31

    Un mot en passant. Te dire mon plaisir de lire ton message, ma tristesse de cette situation, ma révolte de cette tendance marquée à faire de l’autre, du différent, du autrement, le coupable. Et je pense aux rafles qui se multiplient autour des foyers de travailleurs migrants à l’heure du retour du boulot et j’ai honte aussi. Il faut lire L’enfant le prisonnier d’Annie Leclerc

  • Pajinadon Jerome  On 25 fév ’09 at 3:44

    Qu’est-ce qu’etre français aujourd’hui? J’ai honte de me poser cette question, mais surtout de ne pas y trouver de réponse. Mais, si des comités de soutien aux « rétentionnaires » existent, si des comités de soutien aux rétenus révoltés existent, alors, de la honte peut naitre une force utile.
    Si demain, en discutant avec des passagers qui voyageront avec un sans papier, je peux les convaincre d’empecher l’expulsion une fois a bord, et que l’expulsion peut etre empechee grace a eux, alors, peut etre, arriverons nous a effacer un morceau de cette honte qui entache ce pays…

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